Rencontres Utopik 2014-2015
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Chansons Utopik
Pascal Dusapin

 

 

À la rencontre de Pascal Dusapin

En partenariat avec l'Orchestre National des Pays de Loire

Concert lundi 27 avril 2015 - Lieu Unique, Nantes (20h30)

Œuvres de Pascal Dusapin & Ludwig van Beethoven

Ensemble Utopik

Michel Bourcier, direction
Ludovic Frochot, piano
Laurent Berthomier, clarinettes
Franz Vandewalle, trombone basse
François Girard, violoncelle
Marie-Noëlle Alessandra-Gleizes, contrebasse
Nathalie Henriet, harpe
Hedy Rejiba, percussions

Pascal Dusapin (né en 1955)
Invece (1991)
violoncelle

Ohé (1996)
clarinette et violoncelle

Ipso (1994)
clarinette

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827)
Sonate n°4 en ut majeur (1815)
violoncelle et piano

Pascal Dusapin
Jetzt Genau! (2011) - concertino pour piano
piano, clarinette (+ clarinette basse), trombone basse,
violoncelle, contrebasse, harpe, percussions

Tarifs : 12,30€ / 18,30€ / 21,30€

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Biographie du compositeur :


Il y a beaucoup de questions dans la musique de Pascal Dusapin, à chacun d’y retrouver les échos de ses propres interrogations, les réponses masquées par l’écriture, ses émotions à l’écoute de cette musique singulière, organique, tour à tour éruptive, suspendue dans l’indicible, rugueuse, pensive,
pleine de vitalité, butée, passant en un instant d’une tristesse noire à une cascade de rires triomphants, d’un grincement d’effroi à une avalanche fantastique qui devient fanfare débonnaire, embrassant tous les affects, sans peur.


C’est à l’âge de dix huit ans que Pascal Dusapin, né le 29 mai 1955 à Nancy, écoute Arcana  d’Edgar Varèse, à l’Université de Vincennes.
Sa vie bascule, il sait désormais que sa vie se confondra avec la composition musicale. Auparavant, il y eut l’éveil musical, au détour de vacances familiales un trio de jazz joue dans l’hôtel, il en revient avec l’envie de jouer de la clarinette, son père le mettra au piano.
Puis à dix ans il découvre l’orgue, une déflagration émotionnelle qui perdurera au travers d’une adolescence chaotique et peu conforme.
A grandir entre un petit village lorrain entouré de forêts et la banlieue parisienne, il ne choisit aucune obédience et se passionne autant pour Bach
que pour les Doors, le free jazz et Beethoven, s’abreuvant des découvertes musicales propres aux années 70. Avec passion, il suivra les cours de Iannis Xenakis de 1974 à 1978, qu’il perçoit comme le dépositaire contemporain de Varèse. Xenakis est pour lui un maître à penser autrement qui élargit son horizon aux mathématiques et à l’architecture. C’est le seul enseignement qu’il suivra vraiment, sans doute parce que Xenakis ne lui demande rien
mais lui donne toujours. Ses premières pièces, Souvenir du silence (1975), Timée (1978) trouvent l’écoute et le soutien des compositeurs Franco Donatoni
et Hughes Dufourt. André Boucourechliev lui lègue de précieux conseils et des maximes qui resteront pour toujours des compagnes de route :
« N’oublie jamais un instrument au fond de l’orchestre », « La sincérité n’est pas une valeur en art »…


En 1977 il remporte le prix de la Fondation de la Vocation et en 1981 celui de la Villa Médicis où il séjournera deux ans et écrira Tre Scalini, Fist, son premier Quatuor, Niobé. Il reviendra de Rome plus déterminé que jamais à vivre en composant, à composer en vivant. A l’été 1986 il écrit Assaï pour le ballet de Dominique Bagouet, grande rencontre humaine et artistique, dont la tournée le mènera de par le monde pendant des années.
En 1986, appuyé par Rolf Lieberman, il s’engage dans l’aventure de son premier opéra, écrit en étroite collaboration avec l’écrivain Olivier Cadiot,
 Roméo & Juliette : un détournement d’intrigue, de genre, une révolution musico-littéraire où le mot est choisi pour son chant et son rythme tissé au plus près d’une musique totalement débridée. La création aura lieu simultanément à l’Opéra de Montpellier, en juillet 1989, et au Festival d’Avignon, suivi d’une tournée à l’étranger. Pascal Dusapin relie dès lors sa passion littéraire à ses travaux opératiques. Ainsi naîtront Medeamaterial
d’après Heiner Müller, créé à La Monnaie de Bruxelles en 1991, To be sung d’après Gertrude Stein, fantastique aventure à laquelle il associe le grand plasticien maître de la lumière James Turrell, créé en 1994 au Théâtre des Amandiers à Nanterre et en 2003 Perelà, Uomo di fumo, d’après Aldo Palazzeschi à l’Opéra Bastille. Il écrit ensuite le livret de ses deux opéras suivants, Faustus, The Last Night créé au Staatsoper Unter der Linden de Berlin en 2006
et Passion au Festival d’Aix-en-Provence en 2008, inspiré par le mythe d’Orphée. Poursuivant sa mise en abyme des héros antiques, il s’attaque au livre référence de Heinrich von Kleist pour son dernier opéra, Penthesilea, création en mars 2015 au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles, dont il tire également une suite pour soprano et orchestre, Wenn du dem Wind…, créée au Suntory Hall de Tokyo en août 2014.


Entrelacés dans l’écriture de ses opéras ont éclos de nombreuses pièces dont sept quatuors à cordes (le sixième avec orchestre), d’autres partitions vocales telles La Melancholia, Granum Sinapis, Dona Eis, Disputatio,ainsi que Sept études pour piano, A Quia concerto pour piano, sept solos pour orchestre, Go, Extenso, Apex, Clam, Exeo, Reverso (créé par les Berliner et Simon Rattle) et Uncut. Ce cycle de sept formes orchestrales composé de 1991 à 2009 raconte une très longue symphonie de vie, d’émotions humaines et artistiques.
Un nouveau cycle pour orchestre est en cours, inspiré par la nature, Morning in Long Island en sera le premier élément, suggéré par les formes du vent.
Il fut créé en 2010 par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Wun Chung. Parmi ses dernières créations, on peut aussi citer un concerto pour violon, Aufgang, commandé par le violoniste Renaud Capuçon et une pièce pour piano et six instruments, Jetzt genau!.


Pascal Dusapin est distingué par de nombreux prix, honneurs, récompenses dont le titre de Commandeur des Arts et Lettres en 2003,
le prix Cino del Duca en 2005, le Dan David Price en 2007 et le titre d’Académicien à la Bayerische Académie de Munich la même année, qui le voit aussi occuper le fauteuil de la Chaire Artistique au Collège de France, second compositeur après Pierre Boulez à accéder à cette institution.
Il tirera de cette expérience et de ses conférences un livre, « Une musique en train de se faire » (édité au Seuil). En 2010 et 2011 il est « Guest Professor » à la Musikhochschule de Munich.


Son engouement pour les formes de la morphogénèse, la philosophie, avec une admiration particulière pour Deleuze, la photographie, l’architecture, le théâtre de Beckett, l’œuvre de Flaubert et beaucoup d’autres, enrichit sa liberté d’invention et permet une myriade de niveaux d’écoute, de compréhension et d’émotions de ses œuvres. Il rencontre et collabore avec de nombreux artistes, conjugue leurs différences avec sa pluralité, Sasha Waltz, James Turell,
Peter Mussbach, Laurence Equilbey, l’ensemble Accroche Note, Le Philharmonique de Berlin, Simon Rattle, le Quatuor Arditti.
De nouveaux projets lui font aussi intégrer l’électronique à grande échelle dans des lieux exceptionnels comme le Grand Palais lors du Monumenta de Richard Serra ou la plage de Deauville pour le 150ème anniversaire de la ville. En novembre 2011, il met lui-même en scène son cycle pour piano et baryton sur des poèmes de Nietzsche, O Mensch!, aux Bouffes du Nord à Paris. En octobre 2014, il imagine également pour le Festival de Donaueschingen une installation visuelle et sonore, « Mille Plateaux », qui voyagera entre autres au Lieu Unique à Nantes en 2015.


Artiste singulier, Pascal Dusapin continue son voyage sonore et formel sans dogme, offrant à travers des formes toujours diverses une musique furieusement émotive.

Irina Kaiserman